| Titre : | Journal du surréalisme : 1919-1939 | | Type de document : | texte imprimé | | Auteurs : | Gaëtan Picon (1915-1976), Auteur | | Editeur : | Milan : Editions Skira | | Année de publication : | 1976 | | Importance : | 1 vol. (232 p.) | | Présentation : | ill. | | Format : | 35 cm | | Note générale : | 1000 ref. | | Langues : | Français | | Catégories : | Surréalisme (art)
| | Résumé : | Ce livre retrace l'histoire de la peinture surréaliste et, d'un même pas, celle du mouvement dans son ensemble. Être fidèle au surréalisme, en effet, c'est essayer de retrouver l'allure de ce pas, le même quel que soit le terrain parcouru, l'horizon regardé. Au surréalisme, qui a complètement renouvelé notre vision de la littérature et de l'art dans leur passé, et transformé notre pratique poétique et picturale, on ne rendra pas justice en faisant de lui un mouvement littéraire complété par un mouvement plastique, même si on multiplie les passages entre ces deux moyens d'expression. Ce qui a eu lieu réellement, c'est un bouleversement de la conscience et de l'imagination. Des forces refoulées ont été découvertes et affranchies ; et ces forces originelles ont été mobilisées pour répondre aux défis d'une époque et d'un lieu — l'Europe, notre Europe, entre les deux guerres mondiales. Le surréalisme a été une tentative et une forme de vie, l'aventure de quelques individus — différenciés par leur talent et confondus dans leur quête — qui cherchèrent un chemin voulu, celui de tous à travers les expériences majeures de l'existence : solitude du rêve, amour des couples, solidarité de l'action.
Le surréalisme aura été, dans l'histoire de la sensibilité et de la création, le mouvement collectif le plus important du siècle. On comprend qu'il retienne l'attention d'une actualité qui en est largement tributaire. Dans la pratique et la théorie d'aujourd'hui, il n'est presque aucun trait marquant qui ne nous ramène à lui. Transgression des lois et des frontières des « genres », contestation politique par l'art et de l'art par la politique, articulation de l'expression à une science de l'homme qui veut mettre fin à l'illusion de l'autonomie et de la responsabilité de la conscience subjective et de la conscience réfléchie : tout cela se retrouve dans le brassage et l'automatisation des nouvelles écritures, dans les perspectives psychanalytiques ou linguistiques de ce que l'on appelle structuralisme.
Mais si le surréalisme est ce à partir de quoi nous avons pris naissance, il est aussi ce après quoi nous avons vieilli : il nous attire comme une jeunesse perdue. Là où nous exploitons et examinons, il a inventé et aimé. Toutes ces pièces de notre jeu, nous pouvons bien les nommer en nous référant à son vocabulaire : elles n'ont plus leur haute température, leur température de fusion. Parler aujourd'hui du surréalisme, c'est préserver la mémoire et le recours du feu. [Résumé 4e de couv.] |
Journal du surréalisme : 1919-1939 [texte imprimé] / Gaëtan Picon (1915-1976), Auteur . - Milan : Editions Skira, 1976 . - 1 vol. (232 p.) : ill. ; 35 cm. 1000 ref. Langues : Français | Catégories : | Surréalisme (art)
| | Résumé : | Ce livre retrace l'histoire de la peinture surréaliste et, d'un même pas, celle du mouvement dans son ensemble. Être fidèle au surréalisme, en effet, c'est essayer de retrouver l'allure de ce pas, le même quel que soit le terrain parcouru, l'horizon regardé. Au surréalisme, qui a complètement renouvelé notre vision de la littérature et de l'art dans leur passé, et transformé notre pratique poétique et picturale, on ne rendra pas justice en faisant de lui un mouvement littéraire complété par un mouvement plastique, même si on multiplie les passages entre ces deux moyens d'expression. Ce qui a eu lieu réellement, c'est un bouleversement de la conscience et de l'imagination. Des forces refoulées ont été découvertes et affranchies ; et ces forces originelles ont été mobilisées pour répondre aux défis d'une époque et d'un lieu — l'Europe, notre Europe, entre les deux guerres mondiales. Le surréalisme a été une tentative et une forme de vie, l'aventure de quelques individus — différenciés par leur talent et confondus dans leur quête — qui cherchèrent un chemin voulu, celui de tous à travers les expériences majeures de l'existence : solitude du rêve, amour des couples, solidarité de l'action.
Le surréalisme aura été, dans l'histoire de la sensibilité et de la création, le mouvement collectif le plus important du siècle. On comprend qu'il retienne l'attention d'une actualité qui en est largement tributaire. Dans la pratique et la théorie d'aujourd'hui, il n'est presque aucun trait marquant qui ne nous ramène à lui. Transgression des lois et des frontières des « genres », contestation politique par l'art et de l'art par la politique, articulation de l'expression à une science de l'homme qui veut mettre fin à l'illusion de l'autonomie et de la responsabilité de la conscience subjective et de la conscience réfléchie : tout cela se retrouve dans le brassage et l'automatisation des nouvelles écritures, dans les perspectives psychanalytiques ou linguistiques de ce que l'on appelle structuralisme.
Mais si le surréalisme est ce à partir de quoi nous avons pris naissance, il est aussi ce après quoi nous avons vieilli : il nous attire comme une jeunesse perdue. Là où nous exploitons et examinons, il a inventé et aimé. Toutes ces pièces de notre jeu, nous pouvons bien les nommer en nous référant à son vocabulaire : elles n'ont plus leur haute température, leur température de fusion. Parler aujourd'hui du surréalisme, c'est préserver la mémoire et le recours du feu. [Résumé 4e de couv.] |
|  |