| Titre : | Adolescence de la chrétienté occidentale, 980-1140 | | Type de document : | texte imprimé | | Auteurs : | Georges Duby (1919-1996), Auteur | | Editeur : | Milan : Editions Skira | | Année de publication : | 1967 | | Collection : | Art, idées, histoire, ISSN 1422-402X | | Importance : | 1 vol. (217 p.) | | Présentation : | ill. en noir et en coul. | | Format : | 30 cm | | Langues : | Français | | Catégories : | Architecture et société Art roman Église catholique Histoire médiévale Symbolisme chrétien
| | Résumé : | Après 98o, deux mouvements se développent, qui modifient en Europe occidentale les conditions de la création artistique : l'essor agricole accroît les ressources de l'aristocratie, et par conséquent les richesses susceptibles d'être consacrées à l'oeuvre d'art ; un style de vie religieuse, où tout se conjugue pour célébrer la gloire de Dieu par les magnificences d'une liturgie de louange, se propage par l'abbaye de Cluny et par les monastères qui se groupent autour d'elle. Mais un événement de plus grande ampleur, et qui n'est pas non plus sans retentir sur les formes de l'art, saisit à ce moment la chrétienté latine : l'établissement d'une nouvelle structure politique et sociale, la féodalité. Celle-ci, en réduisant les pouvoirs des rois, refoule l'esthétique monarchique et les tendances humanistes qu'avaient soutenues les « renaissances » du haut moyen âge ; elle exalte le groupe des hommes de guerre, des chevaliers, dont l'éthique d'agression, de vaillance et de prodigalité imprime fortement sa marque sur toutes les attitudes religieuses ; elle transfère enfin à l'Eglise, ou plus exactement aux moines, les missions artistiques jadis remplies par la royauté. Ainsi, entre 98o et 114o, dans le court intervalle où les progrès matériels fournissent les moyens de créer des oeuvres moins frustes, mais où l'esprit de l'homme demeure dans l'irrationnel, prisonnier des puissances invisibles qui l'écrasent, apparaît le plus grand art sacré qu'ait jamais connu l'Occident. Ses avant-gardes se situent dans le sud de la Gaule, terre d'élection des jeunes forces féodales. Cet art est tout entier offrande à la grandeur d'un Dieu farouche, qui lutte sans en venir à bout contre les armées du mal. Comme la musique, à qui le relient étroitement les démarches de la pensée et les cérémonies liturgiques, l'art est instrument de connaissance. Il conduit par degrés à l'intuition des splendeurs de la surnature. Il guide le peuple de Dieu dans sa marche vers un mirage, celui de la Jérusalem céleste, celui du Royaume dont les portes s'ouvriront au terme de l'histoire, et que les premières sculptures monumentales voulurent figurer au seuil des abbatiales. [Résumé de l'éditeur] |
Adolescence de la chrétienté occidentale, 980-1140 [texte imprimé] / Georges Duby (1919-1996), Auteur . - Milan : Editions Skira, 1967 . - 1 vol. (217 p.) : ill. en noir et en coul. ; 30 cm. - ( Art, idées, histoire, ISSN 1422-402X) . Langues : Français | Catégories : | Architecture et société Art roman Église catholique Histoire médiévale Symbolisme chrétien
| | Résumé : | Après 98o, deux mouvements se développent, qui modifient en Europe occidentale les conditions de la création artistique : l'essor agricole accroît les ressources de l'aristocratie, et par conséquent les richesses susceptibles d'être consacrées à l'oeuvre d'art ; un style de vie religieuse, où tout se conjugue pour célébrer la gloire de Dieu par les magnificences d'une liturgie de louange, se propage par l'abbaye de Cluny et par les monastères qui se groupent autour d'elle. Mais un événement de plus grande ampleur, et qui n'est pas non plus sans retentir sur les formes de l'art, saisit à ce moment la chrétienté latine : l'établissement d'une nouvelle structure politique et sociale, la féodalité. Celle-ci, en réduisant les pouvoirs des rois, refoule l'esthétique monarchique et les tendances humanistes qu'avaient soutenues les « renaissances » du haut moyen âge ; elle exalte le groupe des hommes de guerre, des chevaliers, dont l'éthique d'agression, de vaillance et de prodigalité imprime fortement sa marque sur toutes les attitudes religieuses ; elle transfère enfin à l'Eglise, ou plus exactement aux moines, les missions artistiques jadis remplies par la royauté. Ainsi, entre 98o et 114o, dans le court intervalle où les progrès matériels fournissent les moyens de créer des oeuvres moins frustes, mais où l'esprit de l'homme demeure dans l'irrationnel, prisonnier des puissances invisibles qui l'écrasent, apparaît le plus grand art sacré qu'ait jamais connu l'Occident. Ses avant-gardes se situent dans le sud de la Gaule, terre d'élection des jeunes forces féodales. Cet art est tout entier offrande à la grandeur d'un Dieu farouche, qui lutte sans en venir à bout contre les armées du mal. Comme la musique, à qui le relient étroitement les démarches de la pensée et les cérémonies liturgiques, l'art est instrument de connaissance. Il conduit par degrés à l'intuition des splendeurs de la surnature. Il guide le peuple de Dieu dans sa marche vers un mirage, celui de la Jérusalem céleste, celui du Royaume dont les portes s'ouvriront au terme de l'histoire, et que les premières sculptures monumentales voulurent figurer au seuil des abbatiales. [Résumé de l'éditeur] |
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